16/07/2015

P.-O.: malgré les doutes, la future zone logistique de Tresserre sur de bons rails

Le pôle logistique de 38 hectares associé à un système de transport combiné inédit est sur les rails. Sans subvention, mais avec le soutien total de l’État. Le permis d’aménager sera signé début juin.

La commune voisine du Boulou émet encore quelques doutes sur cette zone(*). Des décideurs locaux comme Bernard Fourcade ou Jean-Marc Pujol le remettent en question. Le président de la CCI régionale n’hésitant pas à parler de «suicide économique» et le président de l’Agglo PMCA le qualifie d’«illusoire».

Mais tandis que l’on s’énerve en coulisses, du côté des porteurs du projet, en revanche, pas question de perdre du temps et de l’énergie à défendre un investissement déjà sur les rails. Silence, on fonce. Jorge Hernandez, le directeur de la société APRC, le maître d’ouvrage, spécialisé dans la conception et la réalisation clé en mains d’usines logistiques et Jean Amouroux, le maire de Tresserre sont en passe de boucler le dossier. Ils enchaînent les réunions de travail en préfecture ou dans les ministères. Peaufinent les derniers détails administratifs.

«Les dernières délibérations viennent d’être validées en conseil municipal, assure le maire. L’essentiel, c’est que le pôle logistique environnemental et la plateforme rail-route arrivent maintenant en bout de procédure», confirme Jorge Hernandez.

 

    
              141000 m2 d’entrepôts seront construits sur cette zone logistique.

 «Position très claire de l’Etat»

Des propos qui ne souffrent d’aucune discussion possible. Même discours du côté du quai Sadi-Carnot, où la préfète Josiane Chevalier veille de près à la bonne marche des étapes.
«La position de l’Etat est très claire. Nous sommes totalement aux côtés des initiateurs de ce nouveau pôle. Nous les accompagnons depuis le démarrage du dossier. Le commissaire enquêteur a donné un avis favorable. Car nous sommes forcément pour ce projet de développement économique qui va amener de l’activité et de l’emploi», souligne-t-elle.

De quoi s’agit-il ? Ce projet dénommé «Perpignan-Pyrénées-Logistics» sera composé de trois usines logistiques d’une superficie totale de 141 000 m2 et d’une plateforme rail-route, équipée de trois voies de 700 mètres.

Aucun produit dangereux

Il accueillera des activités de logistique d’approvisionnement, de production, de distribution et des retours de recyclage. «Aucun produit dangereux ne sera stocké dans les bâtiments. Mais des produits de consommation courante. Nous sommes en discussion avec une joint-venture d’Algérie pour créer sur place une base de mutualisation des importations vers l’Algérie», indique encore Jorge Hernandez.
De quoi assurer du trafic et d’amortir les 110 millions d’euros qui seront investis sur place, sans aucune subvention. 300 emplois directs devraient être créés et les concepteurs se sont engagés à réserver une préférence locale dans le cadre des marchés qu’ils passeront.

(*) En conseil municipal du mois de février, le maire du Boulou demandait « des précisions sur les matières contenues dans les hangars de 12 m de haut ».
 

Début des travaux en 2016

D’ici le début du mois de juin, le permis d’aménager sera signé en mairie. Les propriétaires fonciers ont d’ailleurs été reçus en début de mois par maire, le promoteur du projet et le secrétaire général de la préfecture. Restera donc à attendre les autorisations administratives du comité national pour la protection de la nature. A partir de là, les travaux doivent démarrer au cours du premier semestre 2016.

 

 
       Jorge Hernandez, de la société APRC et Jean Amouroux. (Harry Ray Jordan)


Le maître d’ouvrage a déjà investi 1,5 million d’euros pour acheter 40 hectares de terrain de compensation environnementale. A cela, s’ajoutent 2,5 millions d’euros supplémentaires pour la relocalisation des espèces protégées et leur surveillance pendant 20 ans. Un élément indispensable obligatoire et inscrit au permis d’aménager.

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